La production de la céramique fine de Seto a commencé en 1873 (l'an 6 de l'époque Meiji) avec la fabrication de l'isolateur pour la télégraphie. Tandis que la beauté de la forme et la facilité de l'usage ont caractérisé la "céramique" du passeé, la céramique fine est caractérisée par l'excellence de la qualité de ses composants portée à son plus haut degré. La céramique fine se distingue également par ses caractéristiques propres aux matières inorganiques.
L'isolateur doit être dur et solide, et ne doit pas laisser passer l'électricité, s'oxyder comme le métal ou se dégrader aux rayons ultra-violet comme le plastique. En raison de ces caractéristiques, l'isolateur peut être considéré comme la céramique fine de l'époque Meiji.
En général, on a tendance à réserver la céramique fine à la fabrication d'un produit de petite taille mais à forte valeur ajoutée en utilisant une matière première importée de l'étranger, puis raffinée et purifiée plusieurs fois. C'est pourquoi, l'industrie de la céramique fine peut se développer indépendamment des critères tels que la présence de matière première, la proximité des consommateurs des grandes villes et la subsistance d'une technologie traditionnelle. La localisation de cette industrie est tributaire de la proximité d'un aéroport ou d'une autoroute, la présence de capitaux et de main d'oeuvre compétente. Bien que de nombreuses localités japonaises remplissent ces conditions, c'est à Seto et à ses environs que l'on trouve la plus forte concentration d'usines de céramique fine.


Les photos 1 à 4 montrent les matières premières entrant dans la composition de la céramique fine: le zircon, l'alumine, l'aluminium titanique et cordierite. Parmi les entreprises de Seto qui commercialisent la céramique fine, certaines ajoutent des composants supplémentaires aux matières premières vendues par les grandes maisons de commerce japonaises, les mélangent ou les synthétisent afin de faciliter leur utilisation, mettant ainsi en valeur leur savoir-faire en matière de technologie de production de la céramique fine.

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La photo 5 présente un corps poreux constitué de carborundum, d'alumine et de cordierite. Il est souvent utilisé comme filtre pour l'élimination du résidu lors du prosessus de fonte des métaux. Ce filtre est très résistant à de hautes températrures. Si on l'observe bien, il ressemble à une éponge molle.
La photo 6 montre une poupée en dentelle. Cette poupée en dentelle est obtenue par trempage dans de la barbotine (pâte constituée de terre délayée), séchage et cuisson d'un tissu utilisé pour la confection de rideau. Après la combustion du tissu, il reste une matière dentelée. Ce céramique poreux avec sa consistance spongieuse est représentatif du caractère innovateur de la technologie de Seto

La photo 7 montre une prise d'allumeur faite de céramique d'aluminie. Le coefficient de dilatation étant très différent entre le métal et la céramique, il est indispensable de maitriser parfaitement la technologie du mesurage pour la fabrication d'un produit constitué à la fois de céramique et de métal, en particulier à de hautes températures. Ainsi ce produit n'est fabriqué que par les entreprises possédant l'expérience nécessaire et la maitrise de la haute technologie en matière de moulage et de cuisson.

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Les photos 8 et 9 représentent des monocristaux, des gaufrettes (feuilles découpées dans le monocristal) et des puces (gaufrette découpée en petits carreaux d'1mm de côté). Ces puces, incrustées à l'intérieur des téléviseurs et des téléphones portables, permettent de trier les ondes nécessaires parmi la multitude d'ondes provenant de l'extérieur. La technologie de la formation du monocristal d'acide niobique lithium ou lithium tantalate est très difficile à mettre en oeuvre, et il n'y a que très peu d'entreprises au Japon qui sachent la mettre en pratique. La photo 10 explique la méthode de relèvement du monocristal (une des méthodes de la formation du monocristal). Cette photo montre à la fois le cristal provenant de la matière première liquéfiée et la céramique dans les flammes.

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La photo 11 montre un exemple de planche à base d'alumine destinée au circuit électronique et fabriquée par un procédé special de formation de ruban, dit du " Doctor Blade ". Cette méthode consiste à ajouter la graisse et la colle à l'alumine en poudre pour en faire une barbotine, couler cette dernière sur un film et la faire passer sous une longue lame fixe. Il faut alors régler l'intervalle entre la lame et le film pour obtenir une "membrane d'alminine" d'une épaisseur constante et d'une consistance aussi élastique que le tapis de sol. Lorsque l'on perce cette membrane en l'ajustant à un patron et la cuit à 1700 C° , on obtient une planche à base d'aluminie qui distribue le circuit électronique. La technique du coulage de barbotine y est efficacement mise en pratique.
La photo 12 montre une pièce en alumine et un mélangeur d'eau chaude et eau froide qui équipe souvent une baignoire. La céramique alumine se caractérise par sa résistance à la chaleur, la corrosion et l'usure. On peut dire que ces pièces de forme complexe sont les résultats d'une parfaite maitrise du pressage, issu de la technique du moulage utilisé pour les tubes de résistance, du mesurage et de la cuisson.

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La photo 13 représente un chauffage céramique par infrarouge. L'infrarouge a pour avantages non selement d'émettre efficacement de la chaleur, mais aussi de cuire facilement les alimentations tel que la viande et le poisson et est donc souvent utilisé dans les cuisines des restaurants ou employé comme chauffage dans les saunas. Ce corps rayonnnant est constitué d'émail, qui émet efficacement l'infrarouge, d'une céramique se dilatant à basse température comme le cordierite, et de fils métalliques inflammables tels que les fils de nichrome. La technologie qui a déjà fait ses preuves dans le domaine de la production d'isolateur et de vaisselles est à la base de la technique de fabrication de ce corps composé. La photo 14 montre un exemple concret utilisant ce corps émetteur.
Sur la photo 15 on voit des balles colorées qui tapissent les aquariums, des balles poreuses imprégnées de parfum et des balles qui émettent efficacement l'infrarouge. Ces balles sont fabriquées avec une céramique faite à base de silicate de zirconium et de cordierite. Elles sont le fruit d'un mariage heureux entre la technologie de pointe de façonnage et les nouvelles matières telles que les corps poreux ou émetteurs de l'infrarouge.

La céramique pour purifier l'eau illustrée par la photo 16 est très différente de la céramique fine appréciée du public depuis les années 80 dans la mesure où elle a été fabriquée à des fins écologiques. Elle est fabriquée à partir de matières premières telles que les résidus de combustion laissés par l'industrie de la construction, la bentonite, la sable silicieuse, les déchets de la céramique appelés sherben, le lignite qui provient du raffinage d'argile KIBUSHI, les débris de verre. Les matières premières sont mélangées dans des proportions adéquates, modelées suivant la méthode d'extrusion comme le montre la photo, puis cuites à 1 000 C° qui est la température la plus proche de celle de la terre cuite. Selon les proportions appliquées au mélange des matières premières, on obtient des pores de taille et de tessiture différentes. Ces pores permettent de purifier l'eau troublée de la rivière. Cette purification de l'eau est réalisée grâce aux bactéries qui adhèrent aux pores. Voilà pourquoi ces produits sont dits biocéramiques (la matière de substitution pour la dent ou l'os est également de la biocéramique). Fabriquer de la céramique écologique à partir de matières premières qui sont des déchets, et cela grâce à la haute technologie, est une chose merveilleuse. La biothechnologie étant une matière encore nouvelle, nul ne peut prévoir dans quel sens elle se développera dans les années à venir. Cependant, nous pensons que de nouvelles céramiques continueront d'être inventées et qu'elles contribueront à enrichir l'histoire de la céramique longue de 1300 ans.

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